Tapis de fleurs dans le Désert

Un tapis de fleurs a envahi le désert d’Atacama

Les Chiliens sont encore surpris par ce phénomène : c’est le printemps dans l’hémisphère sud et l’Atacama, l’un des déserts les plus arides del a planète s’est couvert d’un tapis multicolore.  Fait exceptionnel cette année dont l’origine provient de pluies tombées en grande quantité au nord du Pays

Saisir le mouvement du Ciel

Au carrefour entre la photo et la vidéo, le time-lapse est une technique pour réaliser une vidéo par le montage d’une série de photos. Le principe est le suivant : prendre des photos d’une scène à intervalle fixe et de façon régulière. Les clichés seront ensuite montés en un film de 24 images par secondes à l’aide d’un logiciel de montage vidéo.

 

Les résultats obtenus sont des vidéos dont le temps semble avoir été accéléré. La séquence finale durera quelques secondes alors que dans la réalité il faudrait des heures et des heures de vidéo. Cela permet de voir la dynamique d’évènements qui sont relativement lents dans le temps : le déplacement et les formes changeantes des nuages, déplacement des piétions en ville, la croissance d’une plante, une fleur qui s’ouvre en une journée, un fruit en décomposition, la construction d’un bâtiment et un sujet qui nous intéresse plus particulièrement : le déplacement des étoiles dans le ciel de nuit !…

Il est assez simple de réaliser un time-lapse, à condition de suivre quelques règles.

Par exemple pour réaliser cette vidéo, il a fallu 3 heures 30 de pauses et plus de 660 photos !

valdrome 2017 from Terre Constellee on Vimeo.

 

Le matériel

 

L’appareil photo. Il faut s’assurer que vous pouvez contrôler les paramètres de vue pour d’obtenir les meilleurs résultats. En Time lapse de nuit, il doit avoir la possibilité de prendre des photos avec de longs temps de pause.

Un intervallomètre est un accessoire qui se connecte sur l’appareil photo en mode bulbe et qui permet de déclencher automatiquement avec un intervalle de temps défini par l’utilisateur.
Cet fonction est parfois intégrée à certains boitier photo, si ce n’est pas le cas il est facile d’en trouver pour quelques dizaines d’euros sur les sites internet. Très pratique, il va vous permettre de définir l’intervalle entre chaque prise de vue.

Les cartes mémoire. La réalisation d’un time-lapse repose sur l’assemblage d’un nombre important de photos. Munissez-vous donc de plusieurs cartes mémoire ou d’une carte mémoire de grande capacité.

Un trépied : le trépied est essentiel en astrophotographie et prend toute son importance en time lapse : Le but est de stabiliser votre appareil photo pendant les prises de vue et sur la durée … Le choix d’un trépied est important : avec un bas de gamme, dans le meilleur des cas, votre matériel risque d’avoir une prise au vent fatale pour la qualité de vos prises de vue et si c’est le scénario catastrophe votre boitier et objectif tomberont sur le sol. Au passage, pensez à lester votre trépied (il y a souvent un crochet prévu à cet effet).

Les batteries. Rien de plus frustrant de ne plus avoir d’énergie pour finir la nuit. Ici aussi plusieurs solutions : avoir des batteries de secours, utilisation d’un grip, un coupleur vers secteur (bien que ce dernier soit quasi inutile en pleine nature),

Un ordinateur pour retoucher vos photos et les assembler en vidéo. Pas besoin d’investir, la plupart des ordinateurs de moyen de gamme d’aujourd’hui savent traiter le montage vidéo.

La technique de prise de vue :

La difficulté est de connaître le bon intervalle à choisir en fonction des conditions de prises de vue. Cela va dépendre de la vitesse de mouvement du sujet. Si vous avez des nuages qui se déplacent rapidement privilégiez un laps de temps assez court, (entre 1 et 3 sec.). Pour la voie lactée, une scène lente, vous pouvez monter à 30s de pose sans problèmes. Pour des plantes ou des constructions plusieurs heures voire plusieurs jours seront nécessaires.

Un peu de mathématique. Vous pouvez déterminer à l’avance la durée de votre vidéo. Pour cela, il vous suffit de connaitre le temps passer pour photographier et le temps de l’intervalle entre chaque cliché. Cet intervalle doit être supérieur au temps de pose de votre photo : si vous choississez de photographier la Voie Lactée avec 30 secondes, votre intervalle devra être supérieur à 30 secondes et il faudra prendre en compte le temps nécessaire à l’enregistrement de votre photo sur votre carte mémoire (entre 1 et 3 secondes). Ensuite, sachez qu’il faut, dans la mesure du possible, au minimum 24 images par secondes pour que l’œil humain et le cerveau « voient » bien une vidéo.

Vous voulez par exemple photographier la Voie Lactée pendant 2 heures soit 7200 secondes
Vous avez prévu un de 31 secondes entre chaque photo (30 secondes de pause et une seconde pour la carte mémoire), votre vidéo finale durera : 7200 / (31×24) = 9,7 s. 7200 secondes c’est aussi 7200 / 31 soit 232 clichés. Il est important de d’abord préparer l’intervalle de temps entre chaque photo ensuite vous pourrez définir la durée de la vidéo ou le temps dédié à la prise de vue. Il existe des logiciels sur Iphone ou Android pour préparer vos sessions et faire vos calculs.

Quelques astuces pour la prise de vue (surtout nocturne) Travaillez en mode RAW plutôt que jpg car les photos peuvent plus facilement se retoucher et rattraper les problèmes de balance des blancs par exemple. Le jpg est un mode où les clichés sont déjà compressés. L’inconvénient c’est le poids mémoire de chaque photo RAW. Choisissez de travailler en mode Manuel : bloquer, la vitesse, l’ouverture, l’ISO et la mise au point ! (Mise au point qui se fera au préalable sur une étoile en manuel et non en auto focus).Désactivez l’Auto Focus sinon l’appareil va chercher à faire la mise au point en permanence.
Pensez à économiser vos batteries en désactivant la prévisualisation des prises de vues sur l’écran, de plus cela fera de la pollution lumineuse en moins. Débrayez également la fonction anti bruit (qui génère du temps de calcul) et l’orientation automatique du paysage.

Le montage Vidéo :
Maintenant que vous avez vos 232 images, pensez à redimensionner vos photos pour gagner en vitesse d’exécution du PC, retouchez les images (chacune de la même façon !). Certains logiciels permettent d’automatiser ces actions. Assemblez les photos de manière chronologique pour créer votre vidéo. Vous pouvez aussi l’agrémenter d’une musique d’accompagnement. Il existe de nombreux logiciels permettant de réaliser le montage vidéo. Nous utilisons souvent le plus basique d’entre eux : Movie Maker de windows.

Time laps avancés : Beaucoup d’astrophotographes ajoutent un mouvement lent de l’appareil photo pendant les prises de vue soit en le fixant à une monture astronomique (comme dans notre vidéo) soit en utilisant un rail.

N’hésitez pas à partager ! Quelques soient vos résultats. Nous serons ravis de diffuser vos travaux

Sourions un peu ! La fin du monde en 1910

Article rédige pour : Le Temps – 20 mai 1910

C’est, d’après les dernières observations astronomiques, cette nuit que la comète de Halley a passé entre le soleil et la terre. Faut-il rappeler les suppositions plus ou moins fantaisistes auxquelles ce phénomène avait donné lieu? D’après les uns, notre pauvre planète, balayée par la queue de l’astre errant, devait être lancée dans l’espace. Pour d’autres, la terre, prise dans le rayon d’attraction de cette masse formidable de gaz, devait tomber comme un bolide sur le noyau cométaire. Quelques-uns, s’appuyant sur les résultats des analyses spectrales, affirmaient que l’atmosphère terrestre allait être complètement bouleversée par le choc de la chevelure cométaire, qui avançait vers elle à une vitesse d’une centaine de kilomètres à la seconde, et que le cyanogène, qui composait cette chevelure, allait faire disparaître en quelques instants toute trace de vie animale sur la surface de la terre.

Rien de tout cela ne s’est produit. S’il faut en croire les calculs des astronomes, la comète de Halley s’est bien trouvée ce matin entre le soleil et la terre de 3 h. 35 à 4 h. 35 (heure de l’observatoire de Paris); mais elle a disparu sans que l’on ait pu constater la moindre trace de son passage, du moins dans nos régions. Nous devons reconnaître, il est-vrai, qu’a Paris on se trouvait dans les conditions les plus défavorables pour constater le passage de la voyageuse céleste entre le disque solaire et le globe terrestre.

Paris a vécu avec avidité durant les quelques heures nocturnes qui ont précédé la minute suprême. Prétexte à repas plantureux ou à gambades sans mesure, la comète a mis beaucoup de Parisiens en délire. On a ri dans Montmartre et dans le quartier latin comme aux soirs gras de Noel et de mi-carême. Peut-être, chez certains, la crainte secrète d’un danger mystérieux et formidable était-elle comme une excitation a s’esclaffer plus fort.

Hier, sous la menace de l’asphyxie ou de la pulvérisation universelle, d’aucuns ont voulu païennement mourir ou sabler le champagne pour se donner du courage. Mais d’autres se réfugièrent dans l’ombre des églises, et autour des confessionnaux les femmes pieuses s’assemblaient pour demander aux ministres de Dieu la force mystique de franchir le seuil de l’au-delà. Ailleurs, de pauvres gens perdaient toute raison et se livraient à tant d’excentricités que seuls les médecins aliénistes pourront désormais les secourir.

De Toulon, on nous télégraphie qu’une foule énorme s’est rendue cette nuit dans les rues de la ville et se rassembla généralement sur les vastes terrains de la Rhode, espérant assister à l’apparition de la comète. Le ciel était couvert. On ne vit rien que des éclairs, qui laissaient supposer au loin de violents orages. Le passage de la comète a causé un double sentiment de curiosité dans les grands centres, et de terreur superstitieuse chez les habitants de la plupart des villages, où nombre de fermières ont fait brûler pendant toute la nuit le cierge bénit qu’on n’allume que lorsqu’il s’agit de conjurer de grandes catastrophes. Dans ces régions, la venue du jour a été saluée avec des soupirs de satisfaction.

Ainsi que nous l’avons dit, le phénomène devait commencer à 3 h. 35 environ pour finir à 4 h. 35. Ces chiffres étaient donnés hier encore par le professeur Kobold, de l’observatoire de Kiel. Or, le soleil se levait ce matin à Paris à 4 h. 13. Nos astronomes, en tenant les chiffres de M. Kobold pour exacts, n’avaient donc qu’une vingtaine de minutes pour étudier le phénomène.Néanmoins, ils étaient tous à leur poste dès huit heures hier soir. Ils y sont restés pendant toute la nuit, scrutant le ciel, sondant les espaces éthérés, cherchant à découvrir, à la minute historique, de quoi sont composées ces voyageuses célestes qui ont tant fait travailler les imaginations; mais hélas ! ceux que nous avons consultés jusqu’à présent n’ont rien découvert. Espérons que les astronomes des autres pays, notamment ceux d’Extrême-Orient qui étaient autrement mieux placés que les nôtres pour faire ces études, auront été plus heureux.

Le Temps – 20 mai 1910

 

Source : http://cpascans.canalblog.com/archives/2010/01/19/16561808.html

Le Jour de la Nuit

Samedi 14 octobre 2017,
Eteignons les lumières, rallumons les étoiles !

Ouvert à toutes et tous, le Jour de la Nuit est une manifestation nationale de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne et du ciel étoilé, coordonnée par l’association Agir pour l’Environnement.
Depuis 9 ans, l’événement rassemble une multitude d’acteurs (collectivités locales, associations, gestionnaires d’espaces naturels et citoyens) qui organisent des manifestations et animations dans les territoires, pour sensibiliser le grand public et les collectivités territoriales aux conséquences de la pollution lumineuse. L’année dernière, le Jour de la Nuit a été réalisé en partenariat avec un collectif de 25 structures, et plus de 500 manifestations ont été organisées en France grâce à la mobilisation de plus de 350 collectivités et 140 organisations.

Le Jour de la Nuit, c’est donc une façon de (re)découvrir la biodiversité nocturne et de retrouver le plaisir d’observer le ciel étoilé, tout en interpellant les collectivités et les citoyens pour attirer l’attention sur les conséquences de la pollution lumineuse. En rejoignant cette grande action festive et participative, les différents acteurs s’impliquent dans une grande marche vers la préservation de l’environnement, de la nuit et de la biodiversité tout en luttant contre le gaspillage énergétique.
Depuis sa première édition en 2009, le Jour de la Nuit a pu impulser des réflexions locales et voir des conséquences positives et durables dans les territoires. Plusieurs communes participantes ont ainsi engagé des diagnostics de leur éclairage public, leur permettant de mettre en place des actions concrètes pour réaliser des économies d’énergie et de communiquer auprès d’un public de plus en plus sensibilisé.
Pour en savoir plus sur les manifestations dans votre région :

http://www.jourdelanuit.fr/

Où sont les Etoiles ? Voyage aux USA

Le parcours d’un Photographe qui s’éloigne des villes à la recherche de ciel sans pollution lumineuse.

Asif Islam, photographe de 34 ans installé à  Palo Alto dans l’état de la Californie aux USA, s’est posé la question “Où sont les étoiles ?” Il a fait un voyage de Los Angeles jusqu’au désert du Grand Bassin. Nous rendre compte, à travers ses différents time lapses, de l’évolution de la qualité du ciel quand on s’éloigne des villes.

A noter qu’il a très peu traité ses images afin de préserver au mieux les écarts de lumières d’un site à l’autre. C’est pour cette raison qu’il y a, entre autre, du vignettage sur les clichés.

 

Voici ses commentaires (traduits de l’anglais) qui accompagnent sa vidéo :

Ceci est un court-métrage que j’ai réalisé pour montrer comment la pollution lumineuse peut affecter la vue du ciel nocturne. Je vous fais voir comment la vue de la Voie Lactée s’améliore progressivement à mesure que la pollution lumineuse diminue (de Los Angeles au désert du Grand Bassin). Voyager et photographier à différents niveaux d’impact de la pollution lumineuse était un défi. En outre, j’étais surtout seul dans certains endroits, ce qui est un peu effrayant en raison de la présence de la faune (ours, lion de montagne, serpent). Malgré le défi, j’ai été impressionné par la beauté du ciel nocturne dans des zones très peu polluées.

La plupart d’entre nous vivent sous un ciel très pollué, et certaines personnes n’ont jamais vu la Voie lactée. Pendant une panne de courant en 1994, les résidents de L.A. ont appelé les secours lorsqu’ils ont vu la voie lactée pour la première fois. Bien que nous ne puissions pas imaginer des villes telles que L.A. ou New-York sombres à la tombée de la nuit, nous pouvons  déjà limiter la pollution lumineuse, en particulier le halo lumineux des villes. La lueur du ciel est le résultat de la lumière dirigée vers le haut au lieu d’être dirigée là où elle serait utile: vers les rues et les maisons. Malheureusement, la plupart du temps, les lumières artificielle d’une ville ne servent à rien. Nous avons perdu notre connexion avec le ciel nocturne. C’est par l’observation du ciel que les Hommes ont bâti des merveilles comme Stonehenge, les pyramides de Gizeh ou encore le calendrier maya. Ce ciel que nous regardons, apaise nos vies surmenées et nous rend plus ouvert, plus réfléchi. L’astronome Neil de Grasse Tyson a dit: “Quand vous regardez le ciel nocturne, vous réalisez à quel point nous sommes petits dans le cosmos”, “C’est une sorte de réinitialisation de votre ego. Se priver de cet état d’esprit, volontairement ou involontairement, c’est ne pas vivre pleinement ce que c’est que d’être humain.”

Ingénieur informaticien chez Google, Asif a commencé la photographie il y a 5 ans comme un passe-temps qu’il a pu lier avec les voyages, son deuxième hobby. En explorant la planète au cours des dernières années, il s’est efforcé à immortaliser et à partager la beauté du monde. Ses images de voyages incluent des paysages, la nature, des scènes urbaines et la faune.

Peu à peu, il y a 3 ans, il s’est lancé dans l’astrophotographie.  Activité pour le moment principalement faite aux Etats-Unis. Il souhaiterait à l’avenir voyager en Europe, en Afrique, en Nouvelle-Zélande et en Amérique du Sud pour se consacrer à l’astrophotographie.

 

Pour en savoir plus sur Asif Islam

Internet : https://asif-islam.pixels.com/

Facebook : https://www.facebook.com/photography.asif/

Instagram : https://www.instagram.com/asif.photography/

 

Est-ce que ça tourne rond là-haut ?

La folle Histoire du Système Solaire

“Après avoir déclassé Pluton, avons-nous découvert une neuvième planète dans notre Système solaire  ? Pourquoi Mars est-elle aussi petite  ? Quel formidable bestiaire d’objets cosmiques se trouve au-delà de l’orbite de Neptune  ? Où la vie extraterrestre pourrait-elle bien se cacher  ? Le Soleil mourra-t-il dans d’atroces souffrances ou s’éteindra-t-il paisiblement  ?
Florence Porcel, community manager officielle de l’Univers, fait le point sur le Système solaire, guidée par les scientifiques rencontrés au gré de son enquête, comme Hélène Courtois, Claudie Haigneré ou encore Roland Lehoucq. Grâce aux télescopes sur Terre et aux sondes spatiales Voyager, Cassini-Huygens, New Horizons et autres Rosetta, le portrait s’affine mais il reste encore de nombreuses énigmes à élucider.”

Le ton de cet ouvrage est résolument humoristique mais ne passe pas à côté de la rigueur scientifique. Florence Porcel s’est documentée de manière sérieuse et complète auprès des grands scientifiques d’aujourd’hui. Une lecture pour se détendre tout en découvrant les différentes facettes de notre Système Solaire.

 

  • Relié: 176 pages
  • Editeur : Dunod (20 septembre 2017)
  • Collection : Hors collection
  • Auteur : Florence Porcel

 

Disponible à la Maison de l’astronomie – Monde de l’observation

La Voie Lactée : Mythes et Réalités

La Voie Lactée, cette bande brillante et blanchâtre qui traverse le ciel nocturne et qui a toujours impressionné les hommes.

C’est le plus vaste objet visible la nuit. La voie lactée s’observe sans Lune et sans pollution lumineuse. Cette trainée d’étoiles qui traverse le ciel sur 360° est notre Galaxie. Cette bande blanchâtre est due à la grande quantité d’étoiles dont les lumières s’additionnent les unes aux autres. D’ailleurs, où que l’on regarde de nuit, toutes les étoiles que nous apercevons à l’œil nu font partie de la Voie Lactée.

 

Nos ancêtres imaginaient voir en elle une rivière ou un chemin : « Fleuve » des Arabes, « Rivière de lumière » des Hébreux, « Lit du Gange » dans la tradition sanscrite, reflet du Nil pour les Egyptiens. Pour les chinois, la Voie lactée est un “fleuve céleste”. Le 7 juillet est l’occasion pour les japonais de célébrer Tanabata Matsuri, la fête des amants des étoiles. Cette fête est issue de la légende Sino-nipponne. C’est la rencontre entre Orohime la Tisserande céleste (Vega) et Hikoboshi le gardien de troupeaux (Altaïr), deux “étoiles” séparées par la voie lactée.  Ils peuvent se retrouver une fois par an grâce à un groupe de pies célestes qui forment une passerelle provisoire avec leurs ailes au-dessus de la Voie Lactée , sur laquelle les amants se retrouvent.

 

Pour les Tahitiens, la Voie lactée est représentée par un bras de mer où nagent les étoiles assimilés à des poissons célestes. Wodliparri  c’est le nom que lui donne les Aborigènes d’Australie, c’est à dires les habitations le long de la rivière. Les Maoris visualisent un canoë Waka : Orion en proue, le scorpion à l’arrière, la constellation de la croix du Sud est l’ancre et enfin Alpha et Beta du Centaure forment la corde d’amarrage.

Les Amérindiens d’Amérique du Nord imaginent les étoiles étant les feux de camp allumés. La Voie lactée est une allée céleste que peuvent emprunter les âmes des morts… Selon le mythe Navajo racontant les origines de la Voie lactée on retiendra celle du Dieu Noir inventeur du feu disposant les étoiles précisément une à une de manière ordonnée sur le ciel jusqu’à ce que le Coyote, symbole de la mort, attrapa le sac du Dieu Noir et jeta toutes autres étoiles d’un coup dans le ciel, ce qui créa la Voie Lactée. Les peuples baltes nomment la Voie Lactée « le chemin des oiseaux ». Ils avaient en effet observé que les oiseaux s’en servaient lors des migrations. Ils avaient remarqué que le retour de la constellation du cygne en été coïncidait avec le retour des cygnes sur leurs territoires.

La Voie Lactée prendra son nom de la mythologique grecque. Héraclès (Hercule en latin) est le fils de Zeus et de Alcmème, une mortelle humaine. Héraclès étant donc également mortel, il devait pour obtenir l’immortalité être nourri du lait de Héra l’épouse légitime de Zeus. Discrètement, Zeus fit placer son jeune Héraclès encore bébé dans le lit où Héra s’était endormie. Héraclès lui téta le sein de façon trop hardie. Héra se réveilla et le repoussa en voyant un enfant qui n’était pas le sien. Le lait de la déesse jaillit dans le ciel en y laissant une longue trainée blanchâtre : la Voie Lactée.

L’Origine de la Voie lactée (Pierre Paul Rubens)

 

En 1750, l’astronome anglais Thomas Wright fut le premier à imaginer que la Voie Lactée serait  un ensemble aplati d’étoiles. Un observateur, sur Terre placé à l’intérieur de la Voie Lactée, la verrait comme une bande lumineuse traversant de part en part le ciel. En 1755, Emmanuel Kant mit en avant l’idée que la Voie Lactée est un disque plat constitué d’étoiles liées par la gravité. En 1914, Grâce à l’astronome américain Harlow Sharpley nous connaissons les dimensions de la Voie Lactée. Depuis son poste d’observation au Mont Wilson, Il put annoncer que le diamètre de la Voie Lactée avoisine les 100.000 années-lumière et confirma que le Soleil n’était pas en son centre.

Aujourd’hui, il est admis que la Voie lactée se compose d’un centre et d’un disque galactique constitué de bras en spirale, le tout entouré d’un halo composé de vieilles étoiles et de grappes globulaires. Le centre de notre Galaxie, ou bulbe, a un rayon d’environ 10 000 années-lumière et est une concentration dense d’étoiles principalement anciennes. C’est dans le centre de la galaxie que se trouve une source de radio intense appelée Sagittarius A, probablement un trou noir supermassif. La présence de ce trou noir est remarquée par l’influence gravitationnelle exercée sur les étoiles environnantes. Le trou noir aurait une masse de plus de 4,1 millions de fois la masse du Soleil.

Autour du centre galactique, qui est aussi le centre de rotation de la Voie lactée, se présentent les quatre bras spiraux de la galaxie. Ils possèdent une concentration de gaz et de poussière interstellaires plus élevé que la moyenne galactique. Ce qui favorise les flambées d’étoiles c’est dire la naissance de ces dernières. Notre galaxie, la Voie Lactée, contiendrait entre 200 et 400 milliards d’étoiles, du gaz dans différentes phases (chaud et moléculaire) ainsi que de la poussière qui absorbe la lumière visible, ce qui explique les traînées sombres dans les parties les plus centrales de la Galaxie.

Le système solaire fait partie de la Voie Lactée. Notre Galaxie est dominée par son disque, une immense “assiette”. Etant à l’intérieur du disque, nous voyons celui-ci par la tranche. Notre système solaire, est positionné dans le bras d’Orion à une distance de 28 000 années-lumière du centre galactique. Ce bras fait le tour complet de la galaxie en 250 millions d’années. Depuis que la Terre existe, il y a 4,5 milliards d’années, elle aurait déjà effectué 20 ou 21 révolutions galactiques.

Mais saviez-vous que la Galaxie se déplace également à travers l’espace à la vitesse impressionnante de 800 000 km/h, soit environ 220 km par seconde ?

L’Etoile Polaire

L’astronomie a commencé sans lunette, ni télescope, ni jumelles. Le premier instrument utilisé par l’homme a été son œil. Ce dernier est idéal pour commencer à observer de nombreux phénomènes célestes : les Phases la Lune, les météores, les conjonctions entre planètes ou avec la Lune, les constellations, certaines comètes….

Le plus important lors d’une observation à l’œil nu, c’est de préserver ce dernier des lumières parasites et dérangeantes. A défaut d’aller à la campagne ou loin de la pollution lumineuse, mettez-vous dans votre jardin dans un endroit sombre.

La plupart du temps, comme s’il lisait une carte routière, un astronome se dirige d’étoile en étoile en suivant des chemins entre elles afin d’arriver à l’objet qu’il recherche. Recherchez la Grande Ourse vers le nord qui se reconnaît facilement à sa forme de “casserole”. En reportant cinq fois la distance des deux étoiles du bout de la casserole de la Grande Ourse, vers le haut du récipient, on trouve Alroukaba, l’autre nom de l’étoile Polaire.  A partir de la Polaire, on devine aisément la Petite Ourse qui a aussi une forme de casserole mais plus petite et de sens opposé à celle de la Grande Ourse. Malheureusement, en ville, seules les deux dernières étoiles (Kochab et Pherkad) sont bien visibles.

 La Terre tourne, et l’étoile Polaire est le prolongement de l’axe de rotation de la Terre. Les astrophotographes réalisent quelques fois des filés d’étoiles avec leurs appareils photographiques en direction de l’étoile polaire.

Cela met en évidence les étoiles « Circumpolaires » : nous avons l’impressions que les étoiles se déplacent autour de l’étoile polaire mais en réalité, il s’agit de la Terre qui tourne sur elle-même comme si nous étions sur un carrousel en mouvement. Du fait de son alignement avec l’axe de rotation, une étoile polaire est perçue comme immobile par un observateur situé sur la planète, tandis que les autres étoiles visibles semblent décrire un mouvement circulaire autour de l’étoile Polaire pendant la nuit. Les étoiles proches de la polaire ne se couchent jamais au-dessous de l’horizon pour la grande partie  des latitudes d’Europe. Plus vous vous situez près du Pôle Nord, plus la partie circumpolaire du ciel est grande.

En revanche, l’étoile polaire n’a toujours pas été l’étoile que nous observons en ce moment. L’axe de la Terre n’indique pas toujours la même direction dans le ciel car en plus de la rotation sur elle-même. notre planète a également un mouvement de précession semblable à celui d’une toupie mal lancée qui dure 26 000 ans.

Ainsi, le pôle Nord céleste change d’endroit au fil du temps. C’est actuellement a Umi (alpha Ursa Minor), ou l’étoile la plus brillante de la constellation de la petite Ourse qui a ce statut. Elle restera sur son trône pendant encore un milliers d’années avant de céder sa place à y Céphée (gamma cephée) aux alentours de l’an 4200.

Nombreuses civilisations avaient remarqué que les étoiles tournaient toutes autour d’une seule : l’étoile Polaire. L’empereur de Chine était nommé le pôle Nord, celui autour duquel tout tourne. Les Mongols l’imagine comme un piquet retenant les animaux qui tournent autour. Pour les Yakoutes, c’est le nombril du ciel. Surnommée l’étoile des mers, elle a guidé les Assyriens en mer il y a 3000 ans ainsi qu’à de nombreuses générations de marins

Pourtant, l’étoile polaire n’indique pas exactement le Nord, il y a en réalité à peu prêt 0,40° d’écart mais cela suffit largement pour obtenir une direction approximative et suffisante. Ce qui signifie que repérer l’étoile Polaire signifie bien repérer le nord.

Actuellement, c’est a Umi qui endosse le rôle d’étoile Polaire. C’est une supergéante huit fois plus massive que que le Soleil et 2000 fois plus lumineuse située à 430 années-lumière. En 1780 William Herschel découvre que c’était un étoile double. Les deux étoiles gravitent à 30 milliards de kilomètres l’une de l’autre (5 fois la distance Soleil/Pluton). Les équipe du télescope spatial Hubble découvrent en 2005 un troisième compagnon beaucoup plus proche et beaucoup plus petit que la deuxième étoile.

Si il y a une étoile au pôle nord, il devrait exister une étoile au pôle sud ? Malheureusement, en ce moment de l’histoire de la Terre son axe de rotation ne se prolonge pas en direction d’une étoile visible à l’œil nu. Même si Sigma Octantis est l’étoile la plus proche du Pôle Sud céleste avec une magnitude apparente de de +5, 42, et parfois désignée sous le nom de Polaris Australis ou étoile du Sud, Sigma Octantis n’a cependant qu’un éclat très faible, presque invisible à l’œil nu, ce qui limite son utilité pour déterminer le Sud (la constellation de la Croix du Sud remplit mieux ce rôle).

Il y a beaucoup de malentendu autour de l’étoile Polaire : Tout d’abord, confusion entre létoile Polaire et l’étoile du Berger. L’étoile du Berger n’est pas une étoile mais la planète Vénus. Ce nom lui est venu car les bergers pouvaient l’observer  le matin avant le lever du Soleil ou tôt le soir.
Ensuite on pense souvent  que de nuit, l’étoile Polaire est la plus brillante du ciel. Ce qui n’est pas le cas. C’est Sirius, visible en Hiver, qui est la plus brillante du ciel. A noter que d’autres objets, comme les planètes Jupiter et Vénus, peuvent devenir plus brillantes que Sirius.

 

Constellations & Civilisations

L’Histoire des civilisations disparues, à travers les vestiges conservés, prouve que les hommes ont toujours été fascinés par les étoiles. Ils s’interrogeaient déjà sur leur environnement et la pratique de l’astronomie est une nécessité vitale pour les civilisations humaines du passé.

Nos ancêtres étudiaient les cieux, ils ont vite constaté des événements récurrents et cycliques qui ont permis d’établir différentes mesures du temps. Les plus évidents sont les « les astres errants » : le Soleil, la Lune et les cinq planètes visibles à l’œil nu : Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne. Le Soleil c’est la journée, la Lune indique les semaines et les mois.

Les saisons sont marquées par l’apparition cyclique d’étoiles : certaines disparaissent et reviennent périodiquement car la course de 365 jours de la Terre autour du Soleil nous expose chaque nuit à un ciel différent. Cette révolution est une parfaite horloge de 1 an sur laquelle les hommes vont s’organiser.

Avec les astres, des civilisations anticipent leur environnement ce qui est un avantage considérable : migrations et chasses, saisons et cultures… Dans le Ciel, nos ancêtres relient les étoiles par des lignes imaginaires : ils dessinent les constellations y voyant des figures correspondant à des images familières, un bestiaire propre aux cultures de chaque continent. De nombreux archéologues qui étudient la préhistoire pensent que, derrière les points, les lignes, peut-être même certains dessins d’animaux des peintures rupestres, il y avait les représentations de constellations et de phénomènes célestes… Seraient ce les plus anciennes cartes du Ciel ?

Comme les autres phénomènes naturels, l’astronomie est liée au divin. Astronomie et Astrologie seront longtemps liés : tandis que l’astronome observe, étudie, référence et calcule, l’astrologue en expose ses interprétations. N’oublions pas les apparitions soudaines et inhabituelles d’astres comme les comètes ou les supernova qui seront des présages favorables ou défavorables aux guerres ou toutes autres décisions. C’est dans ces contextes que les différentes civilisations vont identifier des dieux, des héros, des monstres, des mythes avec les astres et les constellations. Des Histoires à ciel ouvert vont se raconter par tradition orale et écrite.

 

Main négative préhistorique de la grotte du Pech Merle, dans le Lot, en France.

Le Disque de Nebra : Il pourrait s’agir d’une représentation du ciel pour un observateur qui se serait situé en Allemagne il y a 3 600 ans.

En Chine, la Carte de Dunhuang est un atlas céleste découvert en 1900. L’étude a permis de conclure que l’atlas avec plus de 1300 étoiles date entre 649 et 684.

Perse : Qantoures – Constellation du Centaure Loup

 

Avec le logiciel de carte du ciel gratuit Stellarium, il est possible de voir les constellations de différentes civilisations  :

Les images ci-dessous ont été prises pour un même jour, même lieu et même direction :

Constellations occidentales et officielles

 

Peuple Ojibwe

Egypte ancienne

Biélorussie

Chine Impériale

Peuple indien Navajo

Roumanie

 

Il existe beaucoup de constellations appartenant à d’autres civilisations (dont celles de l’hémisphère sud). C’est un sujet passionnant propice à raconter des histoires propres à chaque culture. Autant de témoignages que l’Humanité a eu dans sa perception du ciel. Nous vous proposerons régulièrement des articles sur ces sujets.

Nos voyages Astrotourismes sont aussi l’occasion de rencontrer de nombreuses personnes prêtes à raconter, parfois sous la forme de Contes, la vision du ciel de leurs Cultures.