Chroniques d’un safari de la piste aux étoiles au Kenya – deuxième partie

Voici la suite du périple de Jean-Baptiste au Kenya (Si vous voulez relire la première partie )

Après 2 courtes heures de sommeil, nous avons rendez-vous avec le lever du Soleil ! Les jardins qui bordent le lac Baringo devant nos lodges sortent de l’ombre et la nature se réveille.

Le chant des oiseaux emplit l’espace environnant d’une multitude de sons enchanteurs dans une belle ambiance Africaine.

Après une collation, nos guides nous rejoignent. Nous prenons l’escalier qui descend à l’embarcadère, pour rejoindre le bord du lac. Des barques à moteur nous attendent pour un safari photo.

La faune aviaire est particulièrement riche sur les rives de ce lac situé à 1000 mètres d’altitude. Les eaux poissonneuses apportent une nourriture abondante tout au long de l’année. Nous pouvons l’approcher dans les meilleures conditions grâce à la parfaite connaissance du milieu naturel qu’ont nos guides. Ils savent où les trouver et comment s’en approcher sans les déranger ni les effrayer.

Cormorans d’Afrique, Crabiers chevelus, Guêpiers, Hérons Goliath, Jacala, Ombrettes Africaines, Pygargues Vocifer, Tisserins du Nil et autres Pic Alcyone peuplent tous les recoins !

Puis au détour d’une berge, un Crocodile du Nil se réchauffe au Soleil ! Un peu plus loin, un autre passe à quelques encablures de notre barque, nullement impressionné par le ronronnement du moteur qui tourne à bas régime…Les pêcheurs ne semblent nullement impressionnés par la présence de ces prédateurs et vaquent à leurs occupations, immergés jusqu’à la ceinture !

Le cliquetis des appareils photo rivalise avec le chant des oiseaux ! Nous progressons ainsi pendant plus de 3 heures à la recherche de nombreuses autres espèces

En effet, bien que le début du séjour, c’est à dire les 5 jours passés à Baringo soient orienté sur les activités de nuit, la découverte du ciel sous l’équateur, et la photographie des paysages nocturnes, il est inconcevable de venir au Kenya sans profiter de la richesse de sa faune !  La formule est souple et chacun gère ses activités en fonction de ses préférences et de son besoin de sommeil !

Un exposé suivi d’un débat est proposé aux participants

De retour en fin de matinée, nous profitons d’un excellent déjeuner préparé par l’équipe locale, puis prenons un peu de repos avant de repartir !

Nous voilà donc en route pour un nouveau tour de barque et profiter de l’activité animale revenue avec la baisse de la température et le coucher du Soleil. Une curiosité nous est mentionnée par notre guide : malgré une sévère sécheresse qui sévit depuis quelques années, le niveau de l’eau est monté de 8 mètres ! Provoqué par des mouvements tectoniques dans cette région de la Vallée du Rift, les sources souterraines sont modifiées. Tous les lodges situés sur les anciennes rives ont dû être déplacés, et certaines structures restent les pieds dans l’eau… La faune a aussi dû s’adapter à ses profondes modifications, pour le plus grand bonheur des Hippopotames !.

 

Le Soleil se cache derrière de gros cumulus annonciateurs d’orages pour la soirée, mais après un dîner très convivial, la nuit sera belle et remplie d’étoiles et de planètes… Ce sera l’objet de la troisième partie de cette chronique

 

 

Si vous voulez relire la première partie

 

 

Chroniques d’un safari de la piste aux étoiles au Kenya – première partie

Je suis en compagnie d’Olivier Sauzereau pour accompagner un groupe de 8 personnes sur les bords du lac Baringo, où se trouve le Nyota Observatory.

 

Nous sommes arrivés en début d’après-midi de Nairobi. En ce 10 juin, la route nous fait traverser l’équateur pour revenir dans l’hémisphère nord. Passant ainsi de l’automne au printemps ! La veille, c’est en avion que nous avons traversé cette ligne dans l’autre sens pour nous rendre au Kenya en changeant de saison aussi ! Et les quelques kilomètres de piste qui mènent au lodge nous ouvrent les portes de ce havre de paix. Les seuls sons que nous entendons sont le chant des  oiseaux ! Pas une voiture à des kilomètres à la ronde, ni un avion dans le ciel…

En soirée, l’orage éclate… Une bonne pluie fait retomber la poussière et le ciel est zébré d’éclairs. Seule lumière dans le noir profond de la nuit. Puis tout se calme, et en fin de repas la pluie cesse. Les nuages se disloquent, laissant présager d’une belle nuit sous un ciel fraîchement lavé ! La nuit est douce et c’est en tee-Shirt que nous sommes accueillis par le chant des oiseaux nocturnes, des insectes et le grognement des hippopotames dans le lac tout proche.

Le ciel est encore menaçant, mais une lueur étrange perce les nuages d’un noir d’encre, comme si la Lune voulait s’inviter, alors que son fin croissant ne se lèvera que dans quelques heures. Aucune lumière artificielle à l’horizon hormis quelques ampoules éparses éclairant les rares habitations à l’horizon. Il faut dire que le site bénéficie de l’action de Tony et Sylvie Crocetta qui ont œuvré auprès des villageois pour préserver la qualité du ciel nocturne. Quelques habitations sont signalées par un éclairage rouge préservant notre vision nocturne, et aucune habitation ne possède d’éclairage extérieur. Les lumières du Lodge sont éteintes dès la fin du repas et les gardiens nous accompagnent sur les chemins à la lampe de poche pour retrouver nos chambres.

Puis quelques trouées se distinguent. Et nous voyons distinctement la lueur qui nous a tant intrigués : la Voie Lactée ! Étincelante, éclairant le sol à rendre l’éclairage totalement inutile pour nos déplacements, contrastant de façon époustouflante avec la noirceur des nuages dont aucune lumière du sol ne vient éclairci la base !

Nous restons là… béats, admiratifs. Le silence s’impose devant ce merveilleux spectacle de la Nature.

Puis nous immortalisons ces moments en faisant quelques clichés… 10 à 30 secondes suffisent à enregistrer cette féerie et mettre en valeur les couleurs du ciel

Nous ouvrons l’observatoire et poursuivons jusqu’au bout de la nuit

Et pendant le séjour, le planétaire ne serait pas en reste !

 

Vers la deuxième partie

Insaisissable Léopard d’Afrique !

Son habitat est varié car on le retrouve en savane, en forêt, en montagne ou dans des zones désertiques. La femelle pèse en moyenne 30 kilos, 50 à 60 kilos pour les plus grosses, les mâles quant à eux atteignent 60 kilos en moyenne, 80 à 90 kilos pour les plus gros individus. Pour la taille, elle varie entre 1,30 et 1,90 mètre auquel il faut ajouter un bon mètre de queue. Ces différences génèrent un mode de vie et un régime alimentaire distinct, la femelle chassera des petites et moyennes proies gazelles, antilopes, singes, jeunes gnous ou zèbres lièvres, serpents, pintades, poissons …) et abandonnera facilement son repas face aux autres prédateurs, contrairement au mâle qui peut venir à bout d’un gnou adulte femelle ou un zèbre affaibli .

Selon Wikipedia, La population du léopard atteindrait les 700 000 individus vivant majoritairement en dehors des parcs. Sa grande adaptabilité aux changements de climat et sa manie d’habiter dans les arbres garantissent sa sécurité.

“Il ne suffit certainement pas de se rendre dans une riche réserve africaine, avec le meilleur guide qui soit, pour atteindre le Graal d’une rencontre avec le léopard.” explique le photographe animalier Tony Crocetta. “Au mieux, on croit l’apercevoir, furtivement, on le devine, on scrute, on espère, on doute, on désespère… Il hante une dense zone de végétation ou une forêt galerie où d’autres l’ont « observé » la veille au soir ou le matin même… Et quand bien même il daigne apparaître, par hasard, au détour d’une piste, il s’éclipse promptement, tout juste le temps d’imprégner un instant son image sur votre rétine, certainement pas sur le capteur électronique de votre appareil photographique, mais pour toujours dans votre esprit ! “Et puis, parfois, rarement, un soir, alors que vous rentrez au camp, très tard, alors que la lumière décline ou qu’il n’en reste rien, sur une souche, une femelle du nom de Romi est là ! Elle vous observe un instant, complice, de ses yeux doux, comme si elle vous connaissait, comme si elle savait que fatalement vous viendriez à elle, comme si elle vous attendait depuis toujours ! Elle accepte enfin votre présence saugrenue, le temps d’une observation éphémère. Jamais vous n’auriez pu imaginer un être aussi parfait, une robe si somptueusement dessinée, l’alchimie merveilleuse de la perfection, la puissance et la grâce… La majesté et la sérénité du prédateur suprême… Puis, le temps d’un clignement de paupière, la nuit l’a englouti ! ”

 

Photographie par T.Crocetta

 

Masaï-Mara

Le Masaï-Mara au Kenya : une savane blonde infinie nulle part au cœur de l’Afrique sauvage ; des hordes d’éléphants qui paressent dans un marais ; les rugissements rauques des lions mâles ; le claquement de millions de sabots de zèbres, gazelles et antilopes ; la course folle du guépard ; le ricanement lugubre de la hyène déchirant la nuit ; et le nuage de poussière qui accompagne l’arrivée saisonnière des gnous, encore et toujours, depuis la nuit des temps…

photo : Tony Crocetta

Le Lac Baringo

Le lac Baringo peut être considéré comme l’Eden de l’ornithologie au Kenya. Vous serez installés dans un cottage perché sur une colline rocheuse au bord du lac avec une vue imprenable sur un paysage à couper le souffle ! L’intérêt particulier qu’offre Baringo est la possibilité de safaris en bateau et de randonnées ornithologiques.

 

photo : avec l’autorisation de Tony Crocetta